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On peut si on le veut

René Piquet

La parole libère. Elle structure les actes personnels et contribue aux choix collectifs. Mais elle doit être responsable.

Il en est ainsi pour les attentats. Le drame et son épaisseur humaine,  l’émotion ressentie, n’autorisent pas tout. Nul ne doit, comme le papillon, obéir à tous les souffles. La lucidité personnelle et le discernement sont la condition de l’efficacité de la parole et de la solidarité qu’elle entend exprimer dans les actes.

Dans cette parole rien, moins que jamais, n’autorise l’invective. Je le répète souvent, les mots qui forcent la voix portent un nom : la vulgarité. Ils témoignent du manque de respect d’autrui dans le débat et la confrontation nécessaires. Pis encore, ces mots témoignent d’une absence d’idées ou de la volonté de les dissimuler pour taire ses objectifs. Je pense au débat de mardi dernier à l’Assemblée Nationale.

Mais, dans la situation actuelle, tout doit pouvoir être dit. De l’émotion, de l’inquiétude, mais aussi de la détermination de chacun à prendre ses responsabilités dans les choix politiques à faire.

Comme vous, je ne suis pas le berger qui jette au torrent son pipeau. Je veux pouvoir dire que le concept de guerre n’est pas acceptable. Qu’a aucun titre il n’est la solution. Qu’il y a de nombreux moyens d’éradiquer le terrorisme. Que le système de domination qui prévaut à l’échelle de la planète, mutile les hommes et fait naître et se développer les foyers de la violence la plus barbare. Je veux pouvoir dire que la politique de la France, en ce domaine, doit être réorientée.

On sait, et l’on peut si on le veut, développer des relations de coopération avec les autres pays, pour lutter contre le terrorisme, contre les guerres, contre la pauvreté. Dénoncer les refus ou les complicités cachées.

On sait, et l’on peut si on le veut, isoler un foyer de guerre de ses moyens financiers, de ses fournitures militaires, de ses contacts extérieurs.

On peut tout cela. Sans mesure attentatoire à la liberté des citoyens, ni à la dignité des pays et des peuples.

On peut si on le veut.

Une réflexion sur “ On peut si on le veut ”

  1. Très bien l’article de René sur le fond
    Mais plutôt que « si on le veut » il faudrait dire « si les gouvernements ou ceux qui nous dirigent le veulent »
    mais le veulent ils vraiment?
    Sylviane

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