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Le moral en berne ?

Francette Lazard

« A Davos, les patrons ont le moral en berne ». Ce titre du Monde m’a remis en mémoire le « clin d’œil » suggéré il y a tout juste un an par la précédente session du désormais fameux forum.

Je persiste, signe et ne résiste pas au plaisir d’en republier aujourd’hui le texte, avec son « image à la une ».

Depuis un an, la progression exponentielle des inégalités et l’envol insensé des fortunes  se sont encore accentués. Les horizons se sont assombris. Les crises dont chaque peuple mesure douloureusement le poids cumulent leurs effets.

Je notais, il y a un an, l’importance, en France, de la manifestation du 11 janvier et le succès électoral de Syriza en Grèce qui suscitait une grande espérance,  partout en Europe.

Depuis, les diktats des dominants se sont manifestés avec un cynisme accru.

La « Troïka » s’est installée avec arrogance. Les lois liberticides se multiplient. La souveraineté démocratique est plus que jamais dans la ligne de mire de ceux qui, dans la froidure de Davos, vont à nouveau psalmodier leur mantra « libéral » . Malgré l’air des cimes, ils ne sont pas euphoriques. Il cherchent comment colmater les brêches qui pourraient fragiliser la perpétuation d’un « ordre » qui génère dans le monde tant de risques et de souffrances…

J’ajouterai une idée au texte de janvier dernier.

Un « état d’urgence » alternatif  s’impose : transformer la politique, les institutions, les pouvoirs. Il  est devenu un enjeu prioritaire.  Non pas par la magie d’ un « sommet », à Davos ou ailleurs, mais  à travers des milliers et des milliers de forums, partout où les citoyens vivent ou  travaillent. Partout où ils  partagent l’envie d’inventer les pistes d’une vigoureuse intervention populaire, pour donner sens et efficacité à la démocratie.

Le maillon faible,

20 janvier 2015

Je suis passée en décembre dernier à côté d’une information  pourtant remarquable dans sa rare franchise. Elle aurait mérité un Oscar du genre,  s’il en existait un.   En titre, « Le Financial Times » nous offre cette sentencieuse perle:  « les électeurs sont le maillon faible de l’Eurozone » …

Savourons sa préoccupation.

Voici qu’en prélude au sommet de Davos, l’on apprend que quatre- vingt personnes s’approprient autant de richesses que la moitié des êtres humains, près de 3 milliards et demi.

On a beau connaître depuis quelques années la folie de l’explosion des inégalités, ce chiffre me parle tout particulièremt.

« 80 » personnes. Elles  tiendraient dans l’un des plus petits espaces du Forum de Davos qui s’ouvre aujourd’hui. Elles donnent, à leur corps défendant, un visage humain à l’anonymat des salles de marchés et des bilans financiers.

Ces personnes  ont clamé, avec bien d’autres malheureusement,  les noces du marché et de la démocratie. Mais voici qu’en Europe comme dans le monde, des scénarios imprévus se manifestent.  Comment opérer, quand des maillons de la chaine des dominations se révèlent  dans leur inquiétante fragilité  ? Déjà, il avait fallu escamoter le référendum de 2005 en France…

« Petits débats mesquins »,  ose dire notre ministre du travail, relayé par le porte parole  du gouvernement qui insiste, « il n’y a pas d’alternative ». Nos quatre-vingts personnes pourraient donc skier tranquille dans leur bunker de Davos ?

Pourtant, en France, une levée en masse inédite rend tangible ce que pourrait être  la capacité d’intervention possible d’un peuple s’il cherchait  à reprendre la main.

Dimanche, à Athènes, le correspondant du Financial Times titrera-t-il sur la force de la démocratie ?

 cf http://www.ft.com/home/europe l’article de Gideon Rachman dans le Financial Times du 19/12/2014,avec ci-contre le dessin qui  l’accompagne

et cf   http://www.telegraph.co.uk/news/picturegalleries/rcf la photographie en tête à la « une », trouvée sur  Google image, 

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